Aller en Australie sans prendre un avion depuis la France: check :)

Another sunrise

J’ai finalement posé le pied en Australie le 12 mai 2011 (si vous me connaissez personnellement c’est pas/plus un scoop). Étant parti le 16 septembre 2010, ce trajet m’aura donc pris environ 8 mois. Ouais j’ai un peu traîné en route, mais ça en valait bien la peine vous pouvez me croire.

Nous avons quitté Bali le 30 avril après une dernière longue journée (surtout pour notre skipper) de formalités (et pots de vin) diverses, et une ultime session de shopping géant. Nous sommes cette fois partis à 8, pour une durée que l’on avait estimé à une douzaine de jours, soit 2 mini-vans de bouffe et autres provisions…

Mithila nous a quittés pour retourner à Singapour (y’en a qui bosse), et nous ont rejoint à bord 3 français et une philippine: Aurélie et Yann qui avaient réussi à me contacter à Singapour par le biais de mon blog (c’est beau Internet), Alexandre, qui avait bien envie d’aller en Australie en bateau aussi, et qui s’est pointé un matin à la marina de Bali et est tombé directement sur moi et Sheila rencontrée par le biais de couchsurfing et qui a volé à Bali pour nous accompagner sur le dernier tronçon. Y’en a à qui ça prend des mois pour organiser ce trajet, pour d’autres ça se fait en 2 minutes…

Pour le cliché, Yann est breton comme son nom l’indique, et marin, comme il se doit. ;-) Et Alex est normand. Et personne n’a parlé du Mont Saint-Michel.

Nous avons pris soin de faire transmettre nos informations personnelles (numéro de passeport, visa… etc.) à la navy australienne avant de partir, histoire d’être accueilli comme il se doit :)

Après 1 mois et demi passés sur le bateau, la lassitude se fait vraiment sentir de mon coté, et lorsqu’on quitte la marina de Bali au petit matin sans encombre (notre moteur coopère étonnamment depuis qu’on s’est échappé de Singapour) je me mets un peu le cerveau en pilote automatique et j’essaie de ne pas trop penser aux jours à venir…

Fin de quart

Fin de quart. (Crédits photo, Alex)

La vie à bord s’organise vite, nous sommes 8, on forme des binômes pour nous partager les quarts et les taches et je passe une bonne partie du temps avec Alex avec qui je partage maintenant une cabine, la popote et mes quarts, au meilleur horaire, de 3h à 6h :) La courte paille ça ne pardonne pas! Au final c’est un quart plutôt facile, on sort du sommeil à 3h dans le brouillard, ça prend un moment pour finir de se réveiller, et quand enfin on finit d’émerger, on a alors droit au lever du soleil, y’a pire comme vie! On a d’ailleurs eu droit à un lever de soleil exceptionnel, qui je crois nous a mis tous les 2 sur le cul, à s’en réconcilier avec le manque de sommeil pour certains, et le mal de mer pour d’autres…

Contrairement au tronçon précédemment nous avons eu beaucoup de vent, presque tout le temps. Le détail qui fâche? Le vent était toujours contre nous! Nous voila donc contraints à tirer des bords à n’en plus finir. Au final sur 2 mois de navigation on aura très rarement navigué dans des conditions correctes. Du coup je me demande un peu ce que c’est la voile quand ça marche bien :-p

Peu après Bali on passe au large de l’ile de Komodo bien connue pour héberger les dragons de Komodo (les derniers dinosaures sur Terre pour faire court), bien jolie mais inabordable, tant pis pour les dragons!

Komodo island

Komodo island

Le temps passe quand même plus vite que prévu, entre les discussions maintenant plus fréquentes du fait de la forte présence française, et les gros coups de vent qui creusent l’océan et nous font monter et descendre sur des vagues parfois bien impressionnantes (encore une fois, le quart de nuit c’est pas plus mal, on voit moins ce qui se passe autour, ça mouille toujours mais c’est moins flippant!).

Ceci n'est pas une pyramide. Ni un mirage.

Ceci n'est pas une pyramide. Ni un mirage.

Nous harcelons comme il se doit le skipper « C’est quand qu’on arrive?!« , de façon quotidienne et systématique, harcèlement auquel il résiste avec héroïsme je dois dire. Pas facile la vie de pilote!

Quelques jours avant l’approche des cotes australiennes la douane commence déjà à nous rendre visite, tous les matins, soit à l’aide d’un avion nous survolant de près, soit avec un navire nous approchant momentanément. Contact radio, échange d’amabilités, ça a quelque chose de rassurant. Non pas qu’on soit à la merci des pirates, mais par contre on a aucune idée des prévisions météo (ouais on est des oufs), et c’est pas plus mal de se savoir sur le radar de quelqu’un.

Petit interlude médicale pour moi avec notre infirmière Aurélie qui se charge de ma troisième injection pour le vaccin contre la rage, fesse droite, même pas mal!

Après 13 jours de mer, contre vents et marées (on peut le dire), nous rentrons le 12 mai au petit matin dans le port de Darwin et l’on aperçoit la ville au loin. Après encore une heure ou deux à lutter contre le courant on atteint enfin l’entrée de la marina, protégée par une écluse, et qui nous est interdite en attendant le controle de la douane, de l’immigration et de la quarantaine (ça déconne pas en Australie). Pas grave on peut quand meme poser le pied à terre. Et là, phénomène bien connu, toutes les galères et contrariétés des dernières semaines s’envolent instantanément pour ne laisser place qu’aux bons souvenirs ;) Je me suis rarement senti aussi soulagé. La dernière fois ça devait être mon dernier jour de boulot, où après les résultats des concours.

Efficacité australienne, quelques minutes plus tard nous voilà cernés par des uniformes. De mémoire, 6 + 2 chiens soit autant que nous sur le bateau. C’est ça le secret du plein emploi? Premier passage d’inspection avec les chiens (qui portent des petits « gants » aux pattes avant pour ne pas déraper, c’est rigolo), puis avec un renifleur électronique. Première bonne nouvelle, on n’a pas été utilisé comme mule à notre insu, le bateau est clean de drogues et d’explosifs.

S’en suit un entretien particulier pour chacun d’entre nous sur le pont avec l’immigration et la douane qui s’assurent qu’on n’a pas été payé (pas de risque), et qu’on connait nos droits selon le visa qu’on possède. On a tous la banane jusqu’aux oreilles (Armin ptet un peu moins lorsque l’officier lui sort un « You’re not on the crew list we received, we didn’t expect you. », sans conséquence heureusement).

Dernière bonne nouvelle nous sommes tous en règle, mauvaise nouvelle il est déjà le milieu de journée et des plongeurs doivent encore venir inspecter la coque, l’écluse sera fermée et donc le bateau ne rentrera pas dans la marina aujourd’hui…

Notre dernier visiteur est l’inspecteur de la quarantaine qui retourne méthodiquement le bateau et nous fait jeter environ 7 sacs poubelles de bouffe (non, non sont pas paranos ici), après un tri très sélectif (mais pas très scientifique, trier les paquets de nouilles instantanées en fonction de la photo, ça fait légèrement branquignol) nous consolant d’un « don’t worry we have the same thing here! and better! » (et 10 fois plus chers aussi.). Un hurlement de joie (au moins) se fait entendre lorsqu’il épargne le Nutella. Enfin il nous fait quand même bien rire, il a un peu du Colombo en lui (sauf que lui c’est au premier degré). Et on profite de son zèle pour une séance photo à l’insu de son plein gré.

Chapeau la quarantaine

Chapeau la quarantaine (Crédits photo: Yann et Aurélie)

Une fois tout ça terminé, nous sommes 5 à décider de quitter le bateau pour de bon immédiatement: pliage de sac et évacuation (on gaze le bateau derrière nous, à cause des cafards), direction un bon steak! 21$ le steak, et même pas mal, il était bon!

La crew TO ONE de Bali à Darwin

La crew TO ONE de Bali à Darwin. De haut en bas, gauche droite: Alex, Piotr, Yann et Aurélie,Nico, Bart et Sheila, Armin,

Ça y est on est en Australie, ça parle anglais bien trop bien autour de nous, les prix ont genre quadruplé depuis Bali (on s’y fera vite) et on dégote une chambre à partager avec Armin et Alex pour notre première nuit sur le sol australien.

Au programme maintenant: rien, rien, rien, du repos, arrêter de bouger quelques jours, dormir dans un lit qui ne bouge pas, et manger autre chose que du riz et des pâtes, le tout arroser de quelques bières. Le reste peut attendre.

L’Australie sans avion, depuis l’Europe, ça c’est fait! Du coup on va ptet monter un club? (ou un groupe facebook, c’est à la mode), on est déjà 4 avec Armin et Aurélie et Yann (Alex est tangent, il a pris un avion, et encore, pour revenir sur ses pas).

PS: Et comme on était un peu un équipage de geek y’avait 8 appareils photos et autant d’ordinateurs à bord, et environ autant de blogs en circulation alors faites un saut chez mes camarades:

Armin, easybackpacker autrichien, qui fait des photos qui claquent. (en anglais)
Piotr, notre skipper, qui fait aussi des photos qui claquent, et qui est maintenant en Grèce pour l’été (en polonais)
Aurélie et Yann, objectif Nouméa sans avion.
et Alex, des arbres et des hommes.

About The Author

Kolia

A 25 ans je suis parti visiter à un ami en Chine, et j'ai fini par arriver à 26 ans en Australie sans avoir pris un avion. Conclusion: Faut pas y craindre! Leitmotiv: Dormir c'est tricher!

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05 2011

13 Comments Add Yours ↓

The upper is the most recent comment

  1. Axel, le frère #
    1

    Et sinon, aller en France depuis l’Australie sans avion tu y songes ? :)

  2. 2

    J’y ai songé. Le truc c’est qu’il faut soit que je revienne sur mes pas (pas intéressant), soit que je fasse une traversée du Pacifique… et honnêtement 2 mois non stop en mer, je le sens pas. Deja là les périodes de 13 jours c’était vraiment limite. En plus ça me ferait arriver en Amérique, et je suis pas plus que ça attiré pour le moment. Donc tant pis, dans quelques mois je prendrai sûrement l’avion pour la France, et ensuite je repars en Chine! (Et ptet bien encore par la terre ce coup-ci).

  3. Max #
    3

    Chouette tout ça !

    PS : « au lever du sommeil » ? :-)

    • 4

      Ouais bah du sommeil, j’en manquais :p je corrige, merci!

  4. 5

    J’aime j’aime j’aime ton défi! Chapeau le voyageur :)

    NowMadNow

  5. 6

    :) On fait ce qu’on peut… Ce qui me fait avancer, c’est les challenges à la con!

  6. 7

    Pssss wow encore une fois tu m’a vendu du rêve, et j’ai tout acheté ! Bravo et bonne route !

  7. 8

    Arnaud: bah de rien c’est gratuit! Et bonne route, à ce que je vois vous partez bientot (Moi je viens de rentrer.. pour mieux repartir!)

    • 9

      Yep, j’espère qu’on aura l’occasion de faire un bout de route en voilier ! Tu viens d’arriver et t’as déjà un plan pour repartir ?! C’est bon ça !

  8. 10

    Salut, ami voyageur!
    Je suis en train de realiser la meme folie que toi. Je suis en chine et dois aller en australie. Donc a la recherched un bateau. Peut etre as tu des tuyaux…
    As tu repris la route?
    Felicitations pour ton site. il est merveilleusement bien redige et entretenu.
    Serais tu de Haute savoie, le pays ou on y est pas tant mal?
    David.

    • 11

      David, le seul tuyau c’est findacrew.net, et commencer à regarder dès maintenant, et sinon sur un coup de bol en trainant dans les marinas.. Il me semble que les australiens sont dans la période ou ils repartent au pays après avoir passer l’hiver au chaud en Asie du Sud-Est donc c’est peut être mieux en ce moment pour toi!

      Sinon, j’ai pas vraiment repris la route mais je vis et travaille en Chine donc c’est un peu pareil :p et oui je suis de Haute-Savoie (en fait j’y suis là, et j’ai le Buet sous les yeux ça a remis de la neige hier, ça claque), et oui aussi, les montagnes me manquent parfois!

      Bon courage,

      Kolia

  9. Ivan #
    12

    Salut Kolia,

    On va tenter ce petit trajet avec ma femme France-Australie sans avion, avec nos vélos et du train jusqu’à la Malaisie, et en bateau ensuite !

    J’ai un ami à Kuala-Lumpur plus d’autres personnes que je connais qui m’ont fortement déconseillé cette traversée en bateau à cause de rapt et pirateries diverses autour de Borneo et des Philippines… Qu’en penses-tu ? Ça craint vraiment ? On s’en fout ? Est-ce que ça concerne vraiment les bateau que tu peux trouver sur findacrew ?

    Merci d’avance.

    La bise,

    Ivan

  10. 13

    Hello Ivan,

    Si tu fais comme moi Malaisie/Singapour –> Bali, tu es très loin des Philipines et même de Bornéo.

    Jamais entendu parler de ces problèmes au large de l’Indonésie. Les Australiens font pas mal de plaisance par là, aucun souci autant que je sache.

    Rien à voir avec le golfe d’Aden et le large de la Somalie. Personnellement à l’époque on a croisé qlq pecheurs et cargo, mais vraiment peu de monde en général.



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