Bilan matos, 8 mois après.

Paquetage

Quoi, je m'étale dans ma chambre d'hotel thailandaise à 280 Baht (6€) la nuit?

Quand je suis parti en Septembre, mes 2 sacs cumulés devaient avoisiner les 20 kg, et le plus gros était clairement plein. Après 8 mois de voyage, petit examen:

  • J’ai toujours mon duvet et mon sac à viande. Le sac à viande a été bien souvent utile dans les coins cradocs et en appoint. Quant au duvet (un 10°C), j’ai du l’utiliser 5 fois en tout. J’aurais pu m’en passer, n’ayant pas fait de camping, on trouve toujours des couvertures dans les auberges de jeunesse ou là où on se fait héberger.
  • Ma veste/doudoune en duvet: indispensable en Mongolie au début de l’hiver, puis en Chine. Je l’ai laissé à des amis quand on s’est vu au Vietnam pour qu’il la ramène en France et gagner de la place dans le sac, maintenant que je suis sous les tropiques.
  • Slackline: peu utilisée, mais je suis content de l’avoir maintenant à Sydney, c’est plus facile d’en faire. Mais bordel ce que c’est lourd!
  • Trousse de secours: m’a servi plusieurs fois pour moi ou d’autres (petits bobos sans importance).
  • Réchaud, gamelle et bouteille de gaz: pas utilisé une seule fois! Ma bouteille de gaz a été confisquée en Chine un jour, j’ai laissé le réchaud à mes amis un peu plus tard.
  • Fringues: Comment dire… entre celles que j’ai égarées, oubliées derrière moi ou jetées du fait d’une trop grande usure, je suis arrivé en Australie avec 2 caleçons, autant de chaussettes, un pantalon, un short et 2-3 tshirts. Et un sweat à capuche, mon vêtement le plus chaud.  On peut parfaitement s’en sortir avec peu de fringues en lavant souvent. Sauf que s’habiller tous les jours pareil, ça gave à force!
  • Veste goretex: oubliée en Pologne après 1 semaine de voyage :-D Heureusement j’ai du avoir max une semaine de pluie en cumulé sur 8 mois.
  • Chaussures: j’ai beaucoup utilisé les chaussures de trail comme celles de ville. Et je suis bien content d’avoir eu ces dernières, ça permet de sortir un peu sans ressembler tout le temps à un baroudeur! + une paire de tongs.
  • Ma trousse de toilette se résume maintenant à un savon de marseille qui a fait office de lessive, shampoing, gel douche et d’une brosse à dent et du dentifrice. J’ai une serviette super absorbante (mais qui si on la sèche pas correctement, moisit).
  • J’ai perdu un gant et jeté l’autre et mon bonnet perd ses ponpons mais est toujours là
  • J’ai toujours un netbook et un appareil photo (remplacé suite à une perte/vol).

 

Et comme je ne peux pas m’en empêcher, j’ai trop de bouquins dans mon sac bien qu’en donnant régulièrement à droite à gauche, si bien que mon sac, bien que s’étant vidé par ailleurs est toujours aussi lourd…

J’allais oublier, je me trimballe aussi une magnifique guitare depuis Saigon :-p

PS: J’avais acheté (le gros)sac à dos, duvet, sac à viande, trousse de secours, chaussures de trail, gamelle et réchaud chez Décath’ le tout pour environ 250€ si je me rappelle bien. Et maintenant que je vois les prix en Australie je peux vous dire que c’est compétitif! (Et c’est du bon matos, ça a pas bougé, et je suis particulièrement satisfait de mon sac. Et non, je ne suis pas sponsorisé par Décathlon (dommage) bien que mon frère y bosse et m’ait fait profité de sa réduc’ employé.

29

06 2011

Une traversée de l’Australie en auto-stop

Après quelques jours pour me requinquer à Darwin, je décide de tirer droit au sud pour rejoindre Sydney au plus vite où vit mon ami Guillaume. L’avion n’est pas une option, le train ridiculement cher et le bus à touristes non merci. En plus Alex m’a gavé d’histoires de stop pendant toute la traversée depuis Bali et j’ai bien envie de m’y essayer! Du coup, Alex qui veut aussi descendre, à Melbourne, se joint à moi. Pour ma première balade en stop, je suis avec un pouceux expérimenté, pas si mal pour se faire les dents! Sur la carte, la traversée en auto-stop par le centre de l’Australie semble relativement simple: c’est le désert, il y a peu de villes et a priori toutes les voitures sortant des-dites villes ne font qu’aller à la suivante suivante. En théorie c’est tout bon, reste plus qu’à passer à la pratique…

Darwin – Katherine (312 km)

Alex confectionne la pancarte pour l'auto-stop

Direction Katherine!

On prend le bus pour sortir de la ville et nous calons près d’un magasin de guitare où j’avais besoin de faire des emplettes. Alex confectionne la pancarte et c’est parti mon kiki! Bon, pas de bol ça ne marche pas du tout et après une heure et demi d’attente on reprend le bus pour sortir encore plus de la banlieue de Darwin. Le problème en stop c’est bien souvent d’arriver à sortir des villes pour attraper les voitures qui vont le plus loin. Le second spot ne fonctionne pas mieux et après consultation de la carte on marche sous un soleil de plomb jusqu’à une bretelle d’autoroute. Bingo! Peu après une voiture freine brutalement et un VRP du Queensland nous fait monter. Il vend du fil barbelés pour la petite histoire.

Nous allons bon train, tout en descendant le pack de 6 que le chauffeur vient d’acheter et rencontrons même notre premier wallaby (ou alors c’était un bébé kangourou) !

- OOOOOOOOOOOHHHHHHHHHHH :-)
Que l’on écrase dans la seconde suivante.
<SCROUTCH-LE-WALLABY>
– OOoooooooooooohhhhhhhh :-(

J’avais vu le wallaby, mais pas le chauffeur, ou trop tard.

Petit froid dans la voiture, notre ami se fend d’une excuse et balance sa canette de bière par la fenêtre. Australia baby.

Largage à Katherine quelques heures plus tard, on trouve une auberge vite fait, pas grand chose a voir, au lit rapidos. On rencontre 2 mecs dont le boulot est de faire des photographies aériennes pour le gouvernement australien, l’un pilote, l’autre photographie. pas si pire!

Katherine – Tennant Creek (665 km)

Départ tôt, bord de route, Bushee s’arrête presque immédiatement dans son pick-up avec sa grosse barbe et son chapeau de brousse et fait demi-tour pour aller nous déposer à la sortie de la ville. Il nous donne quelques conseils de bushman (genre quel arbre découper à la machette pour trouver de l’eau et comment se faire du thé avec une poignée de fourmis), puis s’en va. 5 minutes après, un Kiwi nous prend à bord: il va passer près de Tennant Creek, il est ingénieur en aéronautique et va chercher sa femme qui arrivera à Cairns depuis la Papouasie, un sacré bout de chemin. On se traverse une partie du désert en alternant du Bob Marley et de la country australienne. Ça biche! On se descend des binouzes en causant, normal. Par rapport à la veille je progresse, je comprends presque la moitié de ce qu’il raconte ;)

Plus ça va, plus les villes rétrécissent. Au milieu de nul part on se cale dans un hostel de Tennant Creek, juste à coté du minuscule hôpital où je sais que mon amie Jo a travaillé il y a quelques années, photo souvenir pour la faire marrer, le monde est bien petit. Coucher de soleil sur la butte derrière. Ouais bon ok pas sur le cul quoi, mais marrant quand même.

Une église à Tennant Creek

On se croirait dans un film...

Tennant Creek – Alice Springs – Premier essai

Le lendemain on se met au bord de la route, le gens passent et nous font tous des petits signes d’encouragements, mais personne ne s’arrête: il vont juste a quelques kilomètres de là puis reviennent, on voit les mêmes voiture 5 fois dans la journée, ça nous fait bien tous sourire. Enfin au début, parce que ça a duré comme ça de 9h à 17h, heure à laquelle on a décidé d’effectuer un repli stratégique à l’hostel. Juste avant on rencontre un vieux auto-stoppeur seul qui veut nous donner des conseils et tente de nous persuader que le stop à 2 on  n’y arrivera jamais. Et on est arrivés là comment à ton avis?

Road train

Un de ces fameux "Road Train": 3 à 4 remorques, un sacré courant d'air quand tu tends le pouce et qu'il passe sans ralentir :)

Tennant Creek – Alice Springs – Cette fois c’est la bonne (505 km)

Une journée en plein cagnard ça calme. Dodo tôt et on repart à l’assaut de la route. Notre vieux compère est déjà là, un peu plus loin. Mais ce matin, bingo! A peine le temps de sortir la pancarte qu’une voiture s’arrête à moitié en dérapage. C’est si rapide qu’on a un peu de peine à y croire. On court jusqu’à la voiture, ils vont à Alice Springs! « We go to Alice Springs! » crie la jeune fille assise seule sur la banquette arrière. Son oncle qui conduit grommelle un peu , genre « mais bordel la voiture est pleine où vous voulez qu’on case 2 auto-stoppeurs avec 40 kilos de sacs et une guitare »? Sa femme assise devant, et sa nièce ne lui laisse pas vraiment en placer une et décident qu’ils vont trouver la place. Après réorganisation du coffre, ça passe! On vient de tomber sur notre meilleur lift de la semaine :) Un petit coucou ironique à notre compagnon de galère quand on le dépasse et en route pour Alice Springs!

En fait au premier abord on s’est regardé vite fait avec Alex avec un petit sourire en se demandant un quart de seconde si c’était vraiment une bonne idée… l’habitacle de la voiture est noyé dans la fumée de cigarettes, et 2 des 3 passagers sont clairement encore saouls ou très haut perchés en ce petit matin. Mais bon comme dirait l’autre, faut pas y craindre, le chauffeur a l’air clean, et on est déjà surs qu’on va pas s’ennuyer. Kevin, cheveux blancs bouclés et yeux bleus aciers part visiter de la famille à Alice Springs avec sa femme Christie et sa nièce, toutes 2 d’origine aborigènes. Ils font une drôle de bande, bizarrement assortis mais s’entendent clairement comme larrons en foire. Kevin a les mains les plus amochés que j’ai jamais vu et lorsqu’on crève un peu plus tard, et qu’il effectue le changement de roue le plus rapide de l’histoire je comprends vite que monsieur est manuel (bon en plus ya une caisse a outil qui occupe la moitié du coffre). Pas bavard le Kevin, dur de lui tirer un mot. Il s’endort à moitié au volant (ils ont fait la fête toute la nuit) et comme Alex et moi sommes crevés de la journée précédente passée sous le soleil, on reprend tant bien que mal les quarts pour le surveiller… Il a une technique bien à lui pour conduire tout en dormant. Comme la route est bien droite il s’accroche au guidon et ferme les yeux, quand il roupille vraiment la voiture tire à gauche, mord le bas cotés, les pneus crissent, -mes dents crissent!-, et Kevin rouvre les yeux. Fastoche. J’essaie de le faire parler pour le tenir éveillé, mais pas facile de faire la conversation à quelqu’un qui répond seulement par  oui ou non.

Heureusement, la plus grande partie du trajet Christie est éveillée et fait l’animation. Ah Christie… on est pas prêts de l’oublier :) Elle nous gate de grands sourires dès qu’on rentre dans la voiture, se retourne régulièrement pour nous prendre la main et la caresser tout en nous bénissant de « God bless you ». Elle a le regard un peu perdu, visiblement la gueule de bois, mais bon « We go to Alice Springs! I FUCK Alice Springs! » et ça la fait bien marrer. Et nous aussi. En route, nos hotes nous arretent aux points d’interets touristiques pour qu’on puisse faire la photo. A Devil’s Marble (des gros rochers tout ronds), Christie nous fait la leçon sur des plantes médicinales tout en nous introduisant aux rochers, sacrés pour les Aborigènes. Au passage elle insulte copieusement de blondes touristes qui nous regardent déambuler comme des OVNIs. Une sacrée compagnie qu’on fait! Les touristes s’éloignent, je crois qu’on leur fait peur et Kevin essaie de faire remonter sa femme dans la voiture: « Shut up and come back in the car, you old woman! » et se voit répondre un bon « FUCK YOU » des maisons, et ça les fait bien rire tous les deux, en fait ça nous fait bien rire tous les 5. Ils font un couple complétement improbable et pourtant clairement complice et il est attendrissant de voir le dur à cuire Kévin se soucier discrétement de sa compagne à tout instant, sous couvert de maugréements et bordées d’injures. C’est aussi le seule couple mixte Aborigène/Australien blanc que je verrai de tout le voyage… Ce qui n’a probablement rien à voir avec le fait que lorsque les blancs sont arrivés en Australie ils ont allégrement spolié, massacré et violé les autochtones, en plus de séparer les enfants de leurs mères… ;( L’histoire australienne est relativement méconnue en Europe, mais comme toute colonisation, c’est vraiment pas jojo. Les Aborigènes ont subis un sort très similaire au Indiens d’Amérique.

Bon an mal an, on se fait déposer à Alice Springs, 500 bornes avalées, on a rien vu faire et à coté de notre équipée haute en couleurs, la ville a l’air bien nette et ennuyeuse…

Alice Springs – Uluru (449 km)

Pause d’une journée à Alice Springs pour me reposer et jeter un œil aux annonces de boulot, Alex décide de continuer mais pas de chance et il revient le soir à l’auberge. On décide de repartir le lendemain ensemble (on a tous les symptômes de la bougeotte aiguë. on ne tient pas en place).

Le soir 2 filles arrivent dans notre dortoir, et après les amabilités d’usage on comprend soudain que ces 2 magnifiques blondes aux yeux bleus hollandaises de 20 ans sont des sœurs jumelles. On intériorise un grand éclat de rire: c’est l’incarnation d’un fantasme de 99% de la population mâle mondiale qui vient de débarquer :D Elles doivent bien se marrer à observer la réaction qu’elles provoquent sur le gens (mecs) :) Bon ça s’est limité à une banale conversation, mais on a interprété ça comme un bon signe pour la journée du lendemain!

Effectivement dans l’après midi on a trouvé une annonce de covoiturage d’un couple allant à Sydney en passant par Uluru, Adelaide, et Melbourne, parfait pour nous. Le lendemain matin on prend donc la route avec Brita et Briby, un couple germano-kiwi qui vient en Australie se renflouer un peu et on file vers Ayer’s Rock. Arrivés sur place on se cale un instant pour observer le coucher de soleil sur Uluru.

Uluru - Ayer's Rock

Uluru - Ayer's Rock

 

Coucher de soleil

Le coucher de soleil tente de concurrencer Uluru

 

Juste en face d'Uluru

Juste en face d'Uluru

On file ensuite se coucher sur un terrain de camping gratuit. On passera la nuit à la belle étoile, harcelés par les musaraignes qui font la fête autour et sur nous. Y’en a même une qui me goûte l’oreille. Aie. Essayez de vous endormir avec des souris qui vous grimpent dessus à tout bout de champ, c’est un bon exercice de self-control :) La nuit est fraîche, on sent que la température baisse en allant vers le sud, et ça ressemble bien à notre dernière nuit dehors. Pendant ce temps là B&B dorment dans la voiture, une Ford Falcon, alternative classique au mini-van cher aux backpackers.

Uluru – Coober Pedy (734 km)

Désert australien

Un petit bout de désert.

On repart le jour suivant et les kilomètres se ressemblent beaucoup, c’est le désert et c’est monotone, c’est un peu le principe. On débarque à la tombée de la nuit à Coober Pedy, 700 moutons pour 300 habitants (j’exagère à peine), connu pour sa mine et ses maisons troglodytes. Il y a un seul hostel ouvert, on y va direct et en 2 minutes on parvient à se faire mettre dehors avant même de passer la réception :D Le proprio, un grippe-sou barbu l’a mal pris lorsqu’on lui a demandé si on pouvait utiliser la cuisine commune pour chauffer un truc pour nos compères qui dorment dans leur voiture alors qu’on s’apprête à prendre 2 lits en dortoirs. Un simple « non » aurait suffi, mais il joue au vieux con et Briby le lui fait bien remarquer. Echanges d’insultes, bon bah on se trouver un autre endroit où dormir :) Après 20 minutes de loose à faire tous les hôtels on atterrit dans un camping où on trouve une chambre à se partager avec Alex pour 40$. 20$ chacun pour une chambre contre 32$ pour un lit en dortoir chez un abruti, on a pas perdu au change!

Coober Pedy à la tombée de la nuit ça donne pas trop envie de traîner, surtout avec les gros chiens qui se baladent. D’un autre coté c’est un trou, j’ai pas eu l’impression de rater grand chose. Mais j’y retournerais bien pour le fun, chez l’habitant cette fois. Ça doit être particulier de vivre ici.

Y'a quelqu'un?

Y'a quelqu'un?

Coober Pedy – Adélaide (843 km)

On revient à la civilisation par une arrivée tardive à Adelaide, première vraie grosse ville depuis Darwin. Avenues rectilignes, pelouses bien vertes, le contraste est saisissant après ces quelques jours dans le nord et le centre de l’Australie. On n’y passe que la nuit, et repartons tôt le lendemain pour Melbourne.

Adélaide – Melbourne (738 km)

Trajet sans anicroche et arrivée de nuit une fois encore à Melbourne. On se pose à l’hostel puis filons au bar avec Alex qui va s’arrêter ici, histoire de fêter cette dernière soirée ensemble. Au bar, on se sent tout petit, pendant plusieurs mois en Asie on avait eu l’habitude de dépasser les locaux d’une tête, ici c’est l’inverse on se retrouve accoudés au comptoir entre des Australiens, des Kiwis et des Maoris qui cumulent régulièrement un quintal et un bon mètre 90. Bon, ils ne sont pas tous comme ça non plus, mais quand même ça surprend. On ferme le bar comme il se doit, Alex nous cuisine des pâtes à 3h du mat’ et on file se pieuter.

Melbourne – Sydney (886 km)

Au petit matin, juste le temps de faire une courte balade dans le centre de Melbourne avant de rejoindre B&B avec qui je finirai le trajet jusqu’à Sydney. Toute la journée sur la route, le casque sur les oreilles, la promiscuité commencent à peser, et on débarque à Sydney à 1H du matin sous la pluie. Briby me dépose à Kings Cross qui est à la fois le quartier des backpackers et le red light district. Et c’est entre les prostituées et les mecs bourrés que je me faufile pour dégoter le seul hostel encore ouvert. Enfin un lit. Je vais pouvoir me poser à Sydney quelques temps, recharger les batteries, reprendre de la motivation pour voyager, et si possible faire un peu d’argent tant que j’y suis. Mais ça j’ai encore le temps d’y penser…

Darwin – Sydney ,3967 km (dont 1500 en stop), encore une belle semaine!

Mon compère a fait son propre récit de cette balade, et il fait de sacrés photos l’animal, argentique noir & blanc et tout tout: Australie – Direction Sud!

17

05 2011

Aller en Australie sans prendre un avion depuis la France: check :)

Another sunrise

J’ai finalement posé le pied en Australie le 12 mai 2011 (si vous me connaissez personnellement c’est pas/plus un scoop). Étant parti le 16 septembre 2010, ce trajet m’aura donc pris environ 8 mois. Ouais j’ai un peu traîné en route, mais ça en valait bien la peine vous pouvez me croire.

Nous avons quitté Bali le 30 avril après une dernière longue journée (surtout pour notre skipper) de formalités (et pots de vin) diverses, et une ultime session de shopping géant. Nous sommes cette fois partis à 8, pour une durée que l’on avait estimé à une douzaine de jours, soit 2 mini-vans de bouffe et autres provisions…

Mithila nous a quittés pour retourner à Singapour (y’en a qui bosse), et nous ont rejoint à bord 3 français et une philippine: Aurélie et Yann qui avaient réussi à me contacter à Singapour par le biais de mon blog (c’est beau Internet), Alexandre, qui avait bien envie d’aller en Australie en bateau aussi, et qui s’est pointé un matin à la marina de Bali et est tombé directement sur moi et Sheila rencontrée par le biais de couchsurfing et qui a volé à Bali pour nous accompagner sur le dernier tronçon. Y’en a à qui ça prend des mois pour organiser ce trajet, pour d’autres ça se fait en 2 minutes…

Pour le cliché, Yann est breton comme son nom l’indique, et marin, comme il se doit. ;-) Et Alex est normand. Et personne n’a parlé du Mont Saint-Michel.

Nous avons pris soin de faire transmettre nos informations personnelles (numéro de passeport, visa… etc.) à la navy australienne avant de partir, histoire d’être accueilli comme il se doit :)

Après 1 mois et demi passés sur le bateau, la lassitude se fait vraiment sentir de mon coté, et lorsqu’on quitte la marina de Bali au petit matin sans encombre (notre moteur coopère étonnamment depuis qu’on s’est échappé de Singapour) je me mets un peu le cerveau en pilote automatique et j’essaie de ne pas trop penser aux jours à venir…

Fin de quart

Fin de quart. (Crédits photo, Alex)

La vie à bord s’organise vite, nous sommes 8, on forme des binômes pour nous partager les quarts et les taches et je passe une bonne partie du temps avec Alex avec qui je partage maintenant une cabine, la popote et mes quarts, au meilleur horaire, de 3h à 6h :) La courte paille ça ne pardonne pas! Au final c’est un quart plutôt facile, on sort du sommeil à 3h dans le brouillard, ça prend un moment pour finir de se réveiller, et quand enfin on finit d’émerger, on a alors droit au lever du soleil, y’a pire comme vie! On a d’ailleurs eu droit à un lever de soleil exceptionnel, qui je crois nous a mis tous les 2 sur le cul, à s’en réconcilier avec le manque de sommeil pour certains, et le mal de mer pour d’autres…

Contrairement au tronçon précédemment nous avons eu beaucoup de vent, presque tout le temps. Le détail qui fâche? Le vent était toujours contre nous! Nous voila donc contraints à tirer des bords à n’en plus finir. Au final sur 2 mois de navigation on aura très rarement navigué dans des conditions correctes. Du coup je me demande un peu ce que c’est la voile quand ça marche bien :-p

Peu après Bali on passe au large de l’ile de Komodo bien connue pour héberger les dragons de Komodo (les derniers dinosaures sur Terre pour faire court), bien jolie mais inabordable, tant pis pour les dragons!

Komodo island

Komodo island

Le temps passe quand même plus vite que prévu, entre les discussions maintenant plus fréquentes du fait de la forte présence française, et les gros coups de vent qui creusent l’océan et nous font monter et descendre sur des vagues parfois bien impressionnantes (encore une fois, le quart de nuit c’est pas plus mal, on voit moins ce qui se passe autour, ça mouille toujours mais c’est moins flippant!).

Ceci n'est pas une pyramide. Ni un mirage.

Ceci n'est pas une pyramide. Ni un mirage.

Nous harcelons comme il se doit le skipper « C’est quand qu’on arrive?!« , de façon quotidienne et systématique, harcèlement auquel il résiste avec héroïsme je dois dire. Pas facile la vie de pilote!

Quelques jours avant l’approche des cotes australiennes la douane commence déjà à nous rendre visite, tous les matins, soit à l’aide d’un avion nous survolant de près, soit avec un navire nous approchant momentanément. Contact radio, échange d’amabilités, ça a quelque chose de rassurant. Non pas qu’on soit à la merci des pirates, mais par contre on a aucune idée des prévisions météo (ouais on est des oufs), et c’est pas plus mal de se savoir sur le radar de quelqu’un.

Petit interlude médicale pour moi avec notre infirmière Aurélie qui se charge de ma troisième injection pour le vaccin contre la rage, fesse droite, même pas mal!

Après 13 jours de mer, contre vents et marées (on peut le dire), nous rentrons le 12 mai au petit matin dans le port de Darwin et l’on aperçoit la ville au loin. Après encore une heure ou deux à lutter contre le courant on atteint enfin l’entrée de la marina, protégée par une écluse, et qui nous est interdite en attendant le controle de la douane, de l’immigration et de la quarantaine (ça déconne pas en Australie). Pas grave on peut quand meme poser le pied à terre. Et là, phénomène bien connu, toutes les galères et contrariétés des dernières semaines s’envolent instantanément pour ne laisser place qu’aux bons souvenirs ;) Je me suis rarement senti aussi soulagé. La dernière fois ça devait être mon dernier jour de boulot, où après les résultats des concours.

Efficacité australienne, quelques minutes plus tard nous voilà cernés par des uniformes. De mémoire, 6 + 2 chiens soit autant que nous sur le bateau. C’est ça le secret du plein emploi? Premier passage d’inspection avec les chiens (qui portent des petits « gants » aux pattes avant pour ne pas déraper, c’est rigolo), puis avec un renifleur électronique. Première bonne nouvelle, on n’a pas été utilisé comme mule à notre insu, le bateau est clean de drogues et d’explosifs.

S’en suit un entretien particulier pour chacun d’entre nous sur le pont avec l’immigration et la douane qui s’assurent qu’on n’a pas été payé (pas de risque), et qu’on connait nos droits selon le visa qu’on possède. On a tous la banane jusqu’aux oreilles (Armin ptet un peu moins lorsque l’officier lui sort un « You’re not on the crew list we received, we didn’t expect you. », sans conséquence heureusement).

Dernière bonne nouvelle nous sommes tous en règle, mauvaise nouvelle il est déjà le milieu de journée et des plongeurs doivent encore venir inspecter la coque, l’écluse sera fermée et donc le bateau ne rentrera pas dans la marina aujourd’hui…

Notre dernier visiteur est l’inspecteur de la quarantaine qui retourne méthodiquement le bateau et nous fait jeter environ 7 sacs poubelles de bouffe (non, non sont pas paranos ici), après un tri très sélectif (mais pas très scientifique, trier les paquets de nouilles instantanées en fonction de la photo, ça fait légèrement branquignol) nous consolant d’un « don’t worry we have the same thing here! and better! » (et 10 fois plus chers aussi.). Un hurlement de joie (au moins) se fait entendre lorsqu’il épargne le Nutella. Enfin il nous fait quand même bien rire, il a un peu du Colombo en lui (sauf que lui c’est au premier degré). Et on profite de son zèle pour une séance photo à l’insu de son plein gré.

Chapeau la quarantaine

Chapeau la quarantaine (Crédits photo: Yann et Aurélie)

Une fois tout ça terminé, nous sommes 5 à décider de quitter le bateau pour de bon immédiatement: pliage de sac et évacuation (on gaze le bateau derrière nous, à cause des cafards), direction un bon steak! 21$ le steak, et même pas mal, il était bon!

La crew TO ONE de Bali à Darwin

La crew TO ONE de Bali à Darwin. De haut en bas, gauche droite: Alex, Piotr, Yann et Aurélie,Nico, Bart et Sheila, Armin,

Ça y est on est en Australie, ça parle anglais bien trop bien autour de nous, les prix ont genre quadruplé depuis Bali (on s’y fera vite) et on dégote une chambre à partager avec Armin et Alex pour notre première nuit sur le sol australien.

Au programme maintenant: rien, rien, rien, du repos, arrêter de bouger quelques jours, dormir dans un lit qui ne bouge pas, et manger autre chose que du riz et des pâtes, le tout arroser de quelques bières. Le reste peut attendre.

L’Australie sans avion, depuis l’Europe, ça c’est fait! Du coup on va ptet monter un club? (ou un groupe facebook, c’est à la mode), on est déjà 4 avec Armin et Aurélie et Yann (Alex est tangent, il a pris un avion, et encore, pour revenir sur ses pas).

PS: Et comme on était un peu un équipage de geek y’avait 8 appareils photos et autant d’ordinateurs à bord, et environ autant de blogs en circulation alors faites un saut chez mes camarades:

Armin, easybackpacker autrichien, qui fait des photos qui claquent. (en anglais)
Piotr, notre skipper, qui fait aussi des photos qui claquent, et qui est maintenant en Grèce pour l’été (en polonais)
Aurélie et Yann, objectif Nouméa sans avion.
et Alex, des arbres et des hommes.

12

05 2011

Bali !

Coucher de soleil entre Singapour et Bali

Il y a sûrement un super jeu de mot à faire mais du fait de la chaleur mon cerveau tourne au ralenti (et un regain de fierté vous a épargné ‘Bali bat l’eau’ et ‘Bali bateau’…)

Bref, Bali, ça c’est fait, après 13 jours de mer. Un trajet sans anicroche, mais également sans vent. C’est ballot quand on voyage sur un voilier. Heureusement on a quand même pu s’en mettre plein les yeux, entre les dauphins qui font la course à la proue du bateau, les baleines qui remontent respirer à quelques mètres, les serpents de mer qui se laissent paresseusement flotter au fil de l’eau, les concombres de mer fluorescents, sans oublier les milliers de poissons… Moi qui était totalement inculte en matière de faune marine, je me suis couché un peu moins ignorant presque chaque soir!

Un peu dur les jours sans vent, mer plate, sans rire comme à la piscine, d’ailleurs ça nous a permis de faire des poses baignades régulières pour se rafraîchir.

On s’est donc traîné, sauf l’avant dernier jour où au passage du canal entre Bali et Java nous avons presque atteint les 11 nœuds, soit le double de notre vitesse moyenne les bons jours. Cela nous a permis de slalomer entre les ferries et de sortir rapidement du canal… pour nous retrouver face aux plus grosses vagues qu’on ait vu jusqu’ici! Le très fort courant du canal nous poussant vers le sud,  un reste de tempête remontant probablement vers le Nord depuis l’océan, résultat, des vagues de 3-4 mètres qui arrivent comme des murs. Foncer dans un mur ça fait bizarre au début :)

La routine permet de faire passer les journées: dodo, quart, repas, baignade, dodo, quart… On s’y laisse prendre et on s’est tous (5 personnes) supporté sans problèmes. Nouveauté: on avait une fille à bord, Mithila, photographe indienne, et même si la tradition recommande de ne pas prendre de femme à bord, tout s’est bien passé :p (Et on devrait avoir de belles photos).

Le dernier jour, dimanche de Pâques oblige, notre skipper nous a fait des pancakes délicieux, c’est à se demander pourquoi ça ne figure pas à tout petit-déjeuner qui se respecte en France, bonne surprise!

La marina de Bali est modeste, minuscule et propose peu de service, pas chère non plus. Par contre pour le reste… l’Indonésie est le royaume de la corruption, et les autorités nous ont fait cracher quelques centaines de dollars en l’espace de 6 heures. Un « chauffeur de taxi » s’occupe de nous. Il ressemble surtout à un agent chargé de faire  l’intermédiaire pour les pots de vins… Et la grosse bagouse à sa main n’inspire pas spécialement confiance. On se fait allumer car on a pas le CAIT (autorisation nécessaire pour arriver en bateau), à cause du boulet de proprio. On visite environ 5 bureaux différents (immigration, quarantaine, douanes, navy…) chacun prélevant son obole sans honte. Il parait que l’uniforme se négocie très cher en Indonésie: être policier c’est la manne assurée: il suffit d’arrêter tous les touristes qui passent et de les taxer pour une raison ou une autre. Tout ça dans la bonne humeur, il n’y a pas de quoi en faire un drame par ici..

Au programme des 2 prochains jours: ravitaillement, visite rapide si possible et ensuite fiche le camp vers l’Australie au plus vite!

L'équipage de TOONE du Singapour-Bali

Le crew de TOONE pour Singapour-Bali

28

04 2011

On the sea again (ou pas?)

 

Cette fois il semble que nous tenions le bon bout, le moteur a été redémarré avec succès hier et même si l’on sait que la réparation n’est que temporaire, il semble quand même faire un bien meilleur bruit qu’avant et de démarrer plus facilement.

Donc après trois semaines à nous morfondre à Singapour, notre prochaine étape sauf contre-temps sera Bali, qui est à environ 900 miles nautiques, soit une dizaine de jours en mer.

See you in Bali et bye bye la Raffles Marina!

On regrettera juste la piscine..

13

04 2011